Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley

« Un Etat totalitaire vraiment « efficient » serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d’esclaves qu’il serait inutile de contraindre, parce qu’ils auraient l’amour de leur servitude. »

J’ai lu ce livre il y a déjà quelques temps. J’étais en 5ème à l’époque donc je devais avoir vers les 12 ans. J’avais ouvert ce livre par hasard comme lecture extra-scolaire, poussé par mon professeur de français qui était fan de science-fiction. Je ne savais pas à quoi m’attendre en l’ouvrant et je dois dire que cela a contribué à la surprise et au choc.

Quand on me demande quel livre m’a le plus marquée, c’est toujours celui-là que je
cite. Pourquoi? déjà parce qu’en soit c’est un livre qui ferait réfléchir n’importe qui mais aussi car j’étais jeune, et c’était la première fois que j’étais confrontée à un livre évoquant la sexualité si crûment. A l’époque, j’avais encore un comportement enfantin qui consistait à ricaner et glousser à la moindre référence sexuelle même scientifique ou biologique. Y a rien d’érotique dans ce livre, hein, mais l’approche des relations sexuelles et ainsi de la famille est particulière.

  • Quatrième de couverture (d’une édition plus récente)

Edition : Editions Le livre de poche 1958

Traducteur : Jules Castier

Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d’ oeuvre de la littérature d’ anticipation, a fait d’ Aldous Huxley l’ un des témoins les plus lucides de notre temps.Couverture Le meilleur des mondes Editions Le Livre de Poche 1958

» Aujourd’ hui, devait écrire l’ auteur  près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s’ abatte sur nous dans le délai d’ un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d’ ici là de nous faire sauter en miettes… Nous n’ avons le choix qu’ entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation ( ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme ) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique. »

  • Mon avis

Ce livre m’a profondément marquée et pourtant je serai incapable de vous raconter le scénario dans le détail. Je me rappelle vaguement du principal : l’arrivée du « Sauvage » auquel on s’identifie. Il nous incarne face à cette société utopique créée par Huxley. J’ai d’ailleurs trouvé très amusant le paradoxe de se faire traiter de « sauvage » par des individus qui ont décidé de rejeter toute forme de ce qui est considéré comme « civilisé » à notre époque. Quel drôle de renversement des valeurs! Les valeurs qui sont principalement bouleversées sont les valeurs familiales. En fait, elles ne sont pas réellement bouleversées, elles sont juste totalement supprimées. La notion de famille disparaît avec le clonage. Les femmes sont stériles et n’enfantent plus, l’eugénisme et le clonage permet le parfait contrôle de la société. Dès lors, les individus décrits sont égocentriques. Ils ne s’inquiètent plus de leur héritage. Les idées de mariage et de procréation sont « hasbeen ». Les personnages vivent dans l’instant, il n’est plus question d’amour mais seulement de plaisir sexuel immédiat.

On se trouve donc plongé dans un livre où on n’a aucun repère à part celui du Sauvage, qui se retrouve être en quelques sorte notre bouée de sauvetage à laquelle on s’accroche vaillamment et un peu désespérément durant tout le livre.

En soi, le commentaire de ce livre pourrait facilement faire l’objet de plusieurs dizaines de pages sans que tout ne soit dit. Et je suis sûre que certains s’y sont attelés. Cependant, pour que je m’y tente personnellement il me faudrait une relecture récente.

Je me rappelle par contre très bien de mes sentiments lors de la découverte de cette œuvre. De l’effroi, d’abord, devant la création et l’imagination d’un tel monde puis aussi une fascination, peut être un peu perverse doublée d’un certain respect que je n’ai pas eu avec 1984. Il apparaît comme évident que c’est un ouvrage visionnaire et les possibilités présentées sur la génétique sont effrayantes. Or, dans la mesure où on sait aujourd’hui que l’on peut déjà choisir la couleur des yeux du futur né, les possibilités soulevées dans le livre n’apparaissent plus simplement comme hypothétiques. En cela, comme 1984, l’auteur nous fait réfléchir sur son œuvre, mais aussi sur le monde qui nous entoure. Ce livre a très certainement choqué lors de sa parution. C’est encore le cas aujourd’hui, et ce la sera le cas pour encore pas mal de temps je pense.

Je pourrais relire le livre et ainsi me remettre tout en mémoire, mais sincèrement, je suis effrayée à l’idée de le redécouvrir. L’œuvre a mûri dans ma tête et a surement dépassé les simples mots de Huxley. J’ai donc peur d’être déçue. Peut-être qu’un jour je la relirai, mais pas aujourd’hui.

  • En bref

C’est un livre que j’ai recommandé à de nombreux amis et amies, et jusqu’ici je n’ai jamais eu de retours négatifs.

Si vous avez la possibilité de le lire, lisez-le! Sublime livre!

Au plaisir d’une prochaine lecture, bonne page et bon vent!

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