L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu

  • Quatrième de couverture

Edition : Editions le Bélial’ (Une Heure Lumière)
Traduction : Pierre-Paul Durastanti

Couverture L'homme qui mit fin à l'histoire

Futur proche.
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l’observateur d’interférer avec l’objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l’histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d’État.
Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l’Unité 731 se livra à l’expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d’un demi-million de personnes… L’Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d’occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l’Histoire.

  • Mon avis

 

Petit livre d’une centaine de pages acheté début janvier sur conseil du libraire.

Il y a énormément de choses à dire sur ce livre. Premièrement, c’est un livre qui marque. Il ne laisse certainement pas indifférent. Pour autant, je ne le conseille pas à tout le monde ! En effet, j’aurais moi-même aimée être prévenue avant la lecture. Bien sûr, la quatrième de couverture ne cache pas le fait qu’il est évoqué dans ce livre certaines exactions de guerre. Du fait de mes études, j’avais déjà connaissance des atrocités perpétrées par l’Empire japonais en Chine et qui sont relatées dans le livre . Cependant, j’ai malgré tout eu de grandes difficultés à lire certaines pages, voire tout simplement certaines lignes. Une comparaison pourrait être faite avec La chambre des officiers de Marc Dugain. Certaines pages y sont aussi parfois difficiles à lire (du moins cela avait été le cas pour moi) mais avec cette courte nouvelle la difficulté est encore bien plus grande !! Vous voilà donc prévenu.

Deuxièmement, ne vous attendez pas à un roman de pure science fiction avec voyage dans le temps etc. En réalité, la mention science-fiction est présente en raison de l’invention d’une machine qui permet de « revisualiser » des faits historiques (avec cependant des limites…), et ainsi d’avoir l’espoir de pouvoir témoigner de faits historiques oubliés ou bannis des mémoires collectives. Dis comme ça, tout lecteur innocent se dit sans doute : « Chouette ! Cela va permettre de grande chose ! ».

Et c’est finalement là l’intérêt de cette nouvelle : la réflexion sur l’Histoire et sur le travail de l’historien. Une telle machine est-elle réellement un bien fait ?

Une fois dépassée la « répulsion » (j’avoue avoir du mal à trouver un terme correct) que nous inspire les événements historiques « visités » par la machine, si le lecteur persévère dans sa lecture, il tombe donc sur un véritable bijou de réflexions. Réflexions d’autant plus prenantes que les faits historiques concernés sont terriblement choquants (ce qui justifie la description des atrocités). Tout être humain peu importe sa nationalité, croyance ou autre est obligé de se sentir concerné.

Sur une lecture un peu plus personnelle, je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle entre le lecteur qui persévère à lire malgré les atrocités relatées et l’historien de cette nouvelle qui, sans chercher à trouver des coupables, souhaite qu’il n’y ait plus de tabou sur les exactions de l’Unité 731 de l’Empire japonais. En effet, tout comme certains des personnages qui témoignent, le lecteur pourrait lui aussi choisir de fermer le livre pour refuser d’en apprendre plus et choisir de passer à un autre livre plus distrayant. Or, qui a raison entre l’historien qui souhaite que les faits soient révélés et la personne qui souhaite au contraire oublier ? Tous les deux arguent que c’est nécessaire pour pouvoir continuer à avancer…

  • En bref

Il y a quelques années, lors de mes études, un professeur nous a posé une dissertation sur le thème classique de « Histoire ou histoires ? « . J’avoue que j’aurais aimé avoir ce livre sous la main à citer. Même si certains arguments restent circonstanciés aux avantages et limites de la machine fictive, cette nouvelle amène une véritable réflexion très intéressante.

Mais encore une fois, soyez prévenu : certaines pages sont parfois dures à lire au même titre qu’une visite de Auschwitz est éprouvante.

Au plaisir d’une prochaine lecture, bonne page et bon vent !

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2 réflexions sur “L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu

    1. C’est une nouvelle très intéressante ! Je n’ai pas trop parlé du style/de sa forme dans mon article. Mais cela se lit très vite. Ce n’est pas écrit sous forme épistolaire mais presque. Chaque chapitre présente un passage d’un même documentaire TV.

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